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Quelle
joie que de retrouver Liberty City ! Ses grandes
avenues, ses ruelles sombres, son quartier chinois, mais
aussi son commissariat, ses coins chauds et ses
mafieux... Je vais enfin pouvoir renouer avec des
plaisirs tout simples comme le vol à la tire, les
fusillades entre amis ou les courses poursuites avec les
flics. Ah merci Take 2 de penser à moi et de me
remettre sur le chemin de la débauche et de l'excès.
C'est que je commençais presque à devenir quelqu'un de
bien, moi !
GTA 3, le jeu par qui le scandale devait arriver et qui
a finalement remporté un énorme succès sur PS2 arrive
enfin sur PC. Une longue attente pour beaucoup de
joueurs avec toujours une grosse incertitude : sortira ?
sortira pas ? Je ne vous raconte pas le nombre de mails
qu'on a reçu à la rédac pour savoir si le jeu verrait
bien le jour sur PC. Nous avons même dû écrire une
phrase toute faite qu'il suffisait ensuite de
copier/coller pour répondre à chacun. « Oui, GTA 3
est prévu sur PC et il devrait sortir en Avril ». Bon
ok, on avait faux sur la date (on plaide non coupable
!), et c'est finalement à la fin Mai que GTA 3 vient
mettre le boxon sur PC. Tout ça pour dire, que ce jeu
est incontestablement l'un des plus attendus du moment,
notamment grâce à l'excellente réputation qu'il a su
se tailler sur PS2. Alors une question doit maintenant
brûler les lèvres de tout le monde : valait-il
vraiment le coup d'attendre ? A cette interrogation, ma
future belle-sœur, normande dans l'âme, vous répondrait
: « oui, mais... ». En effet, si cette version se
place nettement au dessus de l'originale, il subsiste
toujours quelques petits désagréments. Des broutilles,
certes, mais quand même, ça énerve...
Retour en arrière. La série des GTA a modestement
commencé sa carrière par deux épisodes franchement
quelconques. Si la matière et les thèmes abordés étaient
déjà là et n'ont pas tellement changé depuis (vol,
meurtre, trafic de drogues, proxénétisme) leurs réalisations
arriérées n'a pas su convaincre la masse. Quelques années
plus tard, Take 2 remet le couvert pour un troisième
volet et là le miracle se produit. Encensé par la
presse puis par les joueurs, GTA 3 est devenu un titre
incontournable. Evolution des mentalités ou évolution
technique ? GTA 3 a sûrement profité de ces deux
facteurs à la fois pour remporter le succès qu'il a
connu (et qu'il connaît toujours !).
Ce troisième volet marque un véritable tournant dans
la série. Comme vous le savez déjà, GTA troisième du
nom passe au monde merveilleux de la 3D. Finie la
ringarde vue de dessus, place à une immersion totale
dans une ville gigantesque remplie de voitures, de piétons
et de bandits en tous genres. Vous êtes vous. Un héros
sans nom, qui ne dit jamais rien mais au casier
judiciaire déjà rempli. Durant tout le jeu, vous vous
mettrez au service de personnes peu fréquentables en réalisant
pour elles un maximum de petits boulots. Et du travail,
il y en a à Liberty City ! De l'escorte de charmantes
demoiselles jusqu'au bal de la police au règlement de
compte entre bandes rivales, en passant par les
intimidations, les attentats à la voiture piégée, les
braquages de banques, les vols de voitures, vous ne
saurez vraiment pas où donner de la tête. Pour schématiser,
on pourrait qualifier GTA 3 de simulateur de larbin,
mais ce serait prendre un énorme raccourci car en plus
de cet aspect « homme à tout faire », le jeu regorge
d'éléments qui lui donne une richesse et une liberté
d'action que peu de titres peuvent de vanter d'avoir.
Si vous en avez marre de bosser, rien ne vous empêche
d'arpenter librement les rues de la ville. Vu la taille
et le nombre de coins à visiter, il vous faudra alors
une voiture. Pour cela, pas de panique, il existe une méthode
simple et radicale : le vol. Arrêtez une caisse, éjectez
son conducteur et placez-vous au volant. Y'a pas plus
facile et c'est tant mieux car cette opération sera un
peu votre pain quotidien dans GTA 3. D'une part les
voitures seront indispensables pour vous amuser (quel
bonheur que de rouler les cheveux au vent dans une décapotable
fraîchement « empruntée ») mais aussi pour échapper
aux forces de l'ordre qui veillent à la protection de
leurs concitoyens. Chaque petit larcin fera monter
l'indice de recherche de la police. Ainsi, si vous avez
le malheur de voler une voiture alors qu'une patrouille
passe par là, l'indice grimpera d'un cran et les keufs
commenceront à vous prendre en chasse. Plus votre délit
sera grave et plus l'indice sera haut entraînant même
l'arrivée de l'armée pour épauler les unités de
police débordées par la situation (mais pour en
arriver là, il faut vraiment avoir fait l'imbécile,
genre avoir trucidé tout un trottoir de braves gens).
Ce qui est génial dans GTA 3, c'est qu'on ne meurt
jamais. Si les flics vous arrêtent, vous passez
simplement au commissariat. Le temps de régler quelques
formalités administratives et vous revoilà dehors. Si
vous perdez toute votre énergie, c'est vers l'hôpital
que vous serez conduit où on vous remettra sur pieds en
un rien de temps.
La liberté d'action dans GTA 3 c'est aussi la
possibilité de voler un taxi, une ambulance, un camion
de pompier ou une voiture de police et d'endosser
l'uniforme correspondant. Vous pourrez ainsi aller éteindre
des feux, transporter des blessés à l'hôpital ou même
arrêter des malfrats (un comble !). Des missions
annexes en quelque sorte qui relancent sans cesse la durée
de vie, pourtant déjà très importante. Venir à bout
des 80 missions est long et fastidieux. Et si vous
voulez terminer le jeu à fond, il faudra en plus
trouver les missions secrètes, récupérer les
multiples paquets bonus ou encore vous entraîner à réaliser
les plus belles cascades grâce aux tremplins disséminés
sur toute la ville. Un programme copieux qui se déguste
petit à petit car je le répète et j'insiste : le
joueur est libre. Il peut aborder le jeu comme il le
souhaite en privilégiant tel ou tel aspect. On ne
compte même pas le nombre de personnes qui jouent pour
ne rien faire. C'est à dire qui lancent GTA 3
simplement pour se balader sans objectif particulier.
Il faut dire que la modélisation de la ville est
particulièrement réussie. Vaste et vivante. Voilà les
adjectifs qui qualifient le mieux Liberty City. La
circulation respecte le code de la route, les piétons
marchent tranquillement le long des trottoirs... Suivant
les quartiers, on rencontre des hommes d'affaires, des
travailleurs, des petites mamies, des jeunes, des
prostituées... à tel coin de rue, on assiste à une
bagarre, plus loin c'est carrément une fusillade qui éclate
entre deux gangs. Il est vrai que l'on retrouve
rapidement les mêmes visages, mais au bout d'un moment,
on n'y prête même plus attention. Le jeu gère aussi
très bien le jour et la nuit ainsi que la météo et
suivant ces deux paramètres, la ville change d'aspect
du tout au tout. Entre l'après-midi ensoleillé à la
nuit pluvieuse, il est difficile de reconnaître Liberty
City. La palette de couleurs passe d'un extrême à
l'autre toujours très naturellement et avec encore plus
de facilité que sur PS2.
C'est d'ailleurs tout l'aspect technique qui se voit ici
améliorer. En plus de la modélisation plus fine des
personnages et des véhicules, on est heureux de voir
que l'effet de flou à disparu (à part dans les
quelques cinématiques). La distance d'affichage est
maintenant plus importante et offre un confort de jeu
non négligeable. Cette édition PC offre aussi la
possibilité de changer le look du héros en lui
appliquant quelques nouvelles skins.
La bande son de GTA 3 est uniquement composée de
stations de radio que vous pourrez écouter en roulant.
Une dizaine de fréquences sont ainsi disponibles
comprenant une radio pop, une radio raggae ou encore une
radio spécialement dédiée à l'opéra. Petite
nouveauté pour le PC, vous pourrez désormais écouter
vos propres morceaux sur radio MP3. Les habitués du jeu
noteront au passage que si les stations sont restées
les mêmes que sur PS2, les programmes diffusés, eux,
ont quelque peu changé... Les dialogues demeurent par
contre identiques ce qui est un gage de qualité quand
on sait que des acteurs aussi renommés que Joe
Pantoliano (Cypher dans Matrix) ont prêté leur talent.
Leur fort accent italo-new-yorkais donne une saveur
particulière aux cut-scènes.
Arrivé à ce point du test, je vous imagine déjà
totalement convaincus quant au potentiel énorme de GTA
3 (enfin, je l'espère...), mais il vous reste encore un
paragraphe à lire. Pas de quoi vous faire changer
d'avis, non, mais quand même, dans un souci d'honnêteté,
il faut que je vous fasse part de ce qui m'a déplu avec
ce portage. Et c'est principalement la maniabilité que
je remets en cause. A pied, le jeu au pad est vivement déconseillé,
le personnage manque de précision et les phases de tirs
sont injouables. On préfèrera alors se pencher sur sa
souris et son clavier (comme un bon quake like). A
l'inverse, les phases de conduite sont très peu
maniables au clavier alors qu'elles se révèlent tout
à fait satisfaisantes au pad... On est donc tenté de
passer d'un périphérique à l'autre, d'où un certain
manque d'ergonomie. A part ça, GTA 3 réalise quasiment
un sans faute sur tous les tableaux. Nous tenons là
l'un des titres majeurs de ces derniers mois. Ce serait
trop bête de le laisser passer !
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